Marathon des Sables 2021

Première Nuit dans le désert

La première nuit a été si bonne, que j’envisagerais presque d’installer un tapis et dormir dans mon sac de couchage à la maison en rentrant chez moi ! Après une semaine où mes nuits ont à peine dépassées 3 h de sommeil, cette nuit sous les étoiles du désert a bien duré 8h minimum, d’un sommeil profond et réparateur… Mais que cela fait du bien. Bon, il faut dire qu’il faisait particulièrement chaud et que mes bouchons d’oreilles ont fonctionné à la perfection. Pas de réveil, je me suis réveillée avec le jour, que du bonheur…. Je suis venue pour quoi au fait ? Ah oui, arpenter 250 km dans le désert, pourtant à cet instant, je me verrais bien une semaine en cure de sommeil pour récupérer de cette année si épuisante…

Nous partons pour notre dernier vrai petit déjeuner … youpi, ils ont même du chocolat chaud et du jus de fruits, des galettes marocaines…Bref, je me suis pété le bide, ce n’est pas une légende, le petit déjeuner est un de mes repas favoris ! J’évite quand même ce qui craint, genre beurre ou tout autre produit qui serait susceptible de me détraquer le ventre… J’ai un réel souvenir de turista en Inde à cause du beurre, 20 ans après c’est comme si c’était hier !

De retour à la tente, nous préparons notre sac. Dernier choix dans les vêtements, il fait chaud, très chaud…je laisse de côté les tenues longues pour les nuits fraîches désertiques. Ne rien oublier, surtout dans le matériel obligatoire, sous peine de pénalité …

le sac est bouclé…

C’est le moment de partir rendre notre valise, tout et organisé de main de maître. De stand et stand, nous déposons nos valises, pesons nos sacs, contrôlons nos ECG, posons la balise spot, récupérons notre eau pour aujourd’hui et demain matin, la petite photo souvenir et hop, c’est plié !

8,8 kg pour moi. Qu’est ce que j’ai encore fait. J’ai tout pesé à la maison, j’avais 8,3 kg et là j’ai enlevé des fringues pour en mettre des plus légères… moi et les balances, va falloir que j’investisse dans quelquechose de plus fiable. Heureusement, ils n’ont pas pesé la coureuse, on aurait pu se fâcher. Mais j’ai tout dedans, je fournierai une fourchette à mon voisin qui visiblement dans la précipitation a laissé la sienne dans sa valise et se retrouve sans couvert, donnerai une aiguille pour percer des ampoules disgracieuses à ma voisine, de l’élasto pour éviter des frottements mal placés, prêterait mon ciseau et céderais mon buff fétiche, j’avoue non sans difficulté….. Je n’aurai rien à demander à personne, j’ai tout sur moi, même des MM’s.

La suite de la journée va se passer doucement, repos au programme, acclimatation à la chaleur. Il fait tellement chaud que l’on a aucune envie de sortir de la tente, sous peine de fondre instantanément. Une migraine ophtalmique me prend… obligée de piocher dans ma réserve de doliprane. Je n’en ai pris que 4, pour les 4 premières étapes. Chaque gramme compte dans la préparation du sac et quand tu en es à peser tes culottes, et à chercher le moindre petit trou pour les y glisser, tu prends le strict minimum sous peine de ne pas pouvoir fermer ton sac. Je suis entamée déjà de 1 cachet alors que je n’ai pas commencé. Était ce prémonitoire ?

La journée se passe, la migraine aussi et je profite de mes voisins de tente, des amitiés se lient, je m’entends très bien avec eux, la rigolade est au beau fixe.

La nuit s’annonce et après notre dernier repas de l’organisation nous nous endormons, l’excitation monte, l’envie d’y aller est là, les pieds frétillent… La nuit va être belle…jusqu’à ce moment où tout à coup un vent monte, souffle fort.

Je me réveille et sens le sable qui vole partout, la tente feint de s’envoler, ceux qui avaient découper leurs bouteilles vides en guise de bol pur le petit déjeuner d’avant course ne les retrouveront pas. Une véritable tempête c’est abattue sur le camp. Nous sommes recouvert de sable, les yeux et le nez ont chargé et encore, nous avons la chance de faire partie des tentes les moins touchées. Certaines sont tombées.

Pour ma part, je n’ai rien perdu, sauf quelques heure de sommeil.

Petit à petit chacun récupère son attirail, fait le point et se prépare. Nos visages sont fatigués, ça commence bien, la course commence ce matin. Mais il faut avouer que l’ambiance est bon enfant et nous le prenons en rigolant. Nos organismes sont encore frais, tout est possible, même de rire d’une tempête.

Après avoir pris notre premier petit déjeuner lyophilisé, muesli pour certains, crème chocolat pour moi (ah le chocolat!), nos nous préparons et nous dirigeons vers la ligne de départ.

Patrick Bauer est là, le directeur de course. Il a arpenter le désert en 1983 et depuis ne rêve que de le faire découvrir au plus grand nombre. Il est tout ému que cette épreuve est enfin lieu après tant de report. Et sur la musique de High Way to Heaven d’ ACDC (ben oui 80’s), nous partons enfin pour fouler les premiers kilomètres…ça y est, nous y sommes…enfin…nous foulons le MARATHON DES SABLES… qui y aurait cru… pas moi…