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Grand Raid des Pyrénées : Episode 3…Au Pic du Bastan

La végétation se fait plus rare, le paysage se transforme en succession de cailloux plus ou moins gros. Je bénis le part-pierre de mes Trails Salming. Les 18 bornes que je viens d’engloutir ont laissé des traces, mes pieds décollent un peu moins bien du sol, il faut que je sois vigilante…je m’approche à peine de la moitié de ma course.

Nous longeons les premiers lacs d’altitude, il fait chaud, j’irai bien m’y tremper un peu. La vue est belle et nous allons à peu près tous au même rythme, les jambes de certains se font sentir, surtout ceux du Pyrénées Tour Trail qui ont déjà 2 épreuves au compteur !

Nous arrivons enfin au Refuge du Bastan. Un petit robinet nous permet de nous rafraîchir sans trop perdre de temps. La nuque et les épaules. C’est nécessaire. Cela fait maintenant plusieurs heures que nous avons quitté la forêt. Le soleil est à l’aplomb et comme il y a 2 ans, il fait vraiment chaud. Un petit air souffle et cela fait du bien en courant.

Après le Lac du Milieu, je longe le Lac Supérieur, la vue est superbe. J’en profite pour régaler mes yeux à tel point que je manque de rater mes 2 amies, Stéphanie et Marie, qui sont là, à nous attendre pour nous encourager. Tellement heureuse de les voir que j’en profite pour faire une petite pause. Cela fait toujours du bien d’avoir ces moments là. Ils ressourcent et elles sont rassurées de me voir sourire au lèvres à ce moment de la course. A ce moment là, je sais que je ne lâcherai rien. J’y suis, j’irais jusqu’au bout… Patrick, qui m’accompagne sur cette portion est ravi, il en prend plein les mirettes.

Je repars de plus belle, ragaillardie par ces quelques secondes de pause. Et c’est tant mieux car plus de végétation à l’horizon, seulement des cailloux et des marches formées au fil du temps. Un seul moyen, mettre le cerveau en off et avancer. J’avoue je me sens bien, la montée me semble plus facile que je ne l’avais imaginée. Le conseil de Greg porte ses fruits, anticiper la montée en avalant un booster un peu avant pour lui laisser le temps de faire effet. Ces compotes sucrées du Fruit de l’Exploit, je les adore, elles m’accompagnent à chaque fois. Le vrai goût du fruit !

Arrivée en haut, nous sommes au 2ème col de la course, le Col du Bastanet. Le panorama est superbe. Au premier plan le lac suspendu joliment appelé le Lac de la Hourquette et au fond, la chaîne de montagnes…c’est juste superbement WHOUAH ! Un bref regard à ma montre et je suis ravie, j’ai gagné beaucoup de temps sur la barrière horaire, pas de stress, tout passe ! 20,5 km au compteur…

La descente dans le cœur du pic est un peu ardue mais nous longeons ensuite le lac pour contourner le pic et passer sur l’autre versant par la Hourquette de Caderolles : deuxième montée autour du pic. Elle est quand même impressionnante cette canine ! Certains commencent à montrer des signes de fatigue, titubent et font nombres de pauses. Un jeu de lacets me permet d’en distancer quelques uns. Dernier col et ensuite c’est la descente vers le lac de Port Biehl d’abord puis vers le lac de l’Oule.

Mais quelle descente !!!! Tout d’abord, des lacets abrupts de poussière. Il faut lâcher la pression au risque de cuire nos quadriceps….Nous retrouvons un peu de verdure avant d’attaquer LE PIERRIER ! Je l’avais testé en montant, me voilà dessus en descendant. Je ne sais toujours pas quel sens je préfère, tellement les appuis sont instables. Au moindre instant j’appréhende qu’une des pierres ne vrille et me coince mon pied, c’est pas tout mais je dois être en forme lundi pour le boulot, ,la blessure est inenvisageable !…nous sommes les uns derrière les autres, difficile de se frayer un chemin libre. Nous sortons enfin de ce parcours d’obstacles pour retrouver un peu de verdure et…un nouveau pierrier ! Mais on en sort jamais de ces trucs là !

Enfin si, nous attaquons maintenant un petit single entre les arbres , les racines, le long de la rivière qui nous rapproche du fameux lac. Ma montre ne m’indique plus depuis longtemps le kilométrage sous risque de n’avoir plus définitivement de batterie…. je ne sais donc pas à quelle distance je suis du ravitaillement. Et ce ne sont pas les randonneurs qui nous aident….quelque soient celui que l’on rencontre, il ne nous reste plus que 2 km à peine, ½ heure selon certains, 1h30 selon d’autres ! Bref, dans ma bulle je suis,dans ma bulle je reste…et j’observe le paysage pour deviner où je suis…. Cette portion va s’avérer psychologiquement longue, même interminable. Les pieds chauffent, toujours sur le qui-vive de la moindre racine. Mais tout à coup, après plusieurs heures à avoir combattu ces géants de la forêt, ces derniers s’écartent et laissent place à la plaine, le lac en contrebas… Nous comprenons alors que le ravitaillement n’est pas loin…..

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