Bons moments Sport,  Récits

Morgane au Mucotrail en Pays de Nemours

22 km 450 D+

Depuis mon arrivée en métropole, je me dis que je vais faire ce trail. Un trail pour récolter des fonds pour la recherche contre la mucoviscidose…ou comment allier sport et solidarité, c’est parfait. Seulement le climat métropolitain a eu raison de ma motivation depuis quelques temps (trop de temps) .

Suite à ma prépa semi-marathon de Bordeaux fin 2019, j’ai retrouvé le gout de l’effort… galvanisée, je me suis enfin inscrire à ce trail en novembre …novembre, décembre (AIE ! ), janvier …. Comment dire que ma prépa travail de côte que j’avais envisagée est passée à l’ »ace »… et si je regarde mon garmin, 7 footings seulement sur les trois derniers mois en guise d’entraînement. Pas grave, je capitalise sur ma condition physique (maintenue grâce à mes entraînements de tennis), la mémoire de mon corps (d’il y a 5 ans ) et ma prépa de septembre.

Dimanche 8h30, me voici arrivée à la maison des verriers pour retirer mon dossard. Ambiance musicale, parfait pour m’échauffer le bassin en douceur . Dossard 533 en poche, j’essaie désespérément de l’accrocher à mon porte dossard, qui à mon sens est resté trop longtemps dans un tiroir .Au bout de 5 minutes, il n’est toujours pas fixé. Une bénévole qui observe la scène a pitié de moi et fait le nécessaire avec gentillesse et efficacité….et là, mon cerveau commence à cogiter … quand était-ce mon dernier trail ….Me revient, le Trail du grand ouest (Août 2015 ….la veille de mon départ de la Réunion) , le camino trail avec ma Copine Nadège (l’odeur du pin , et oui, c’était trop bien….) …bon OK 2015 ….Ah si, le XTREM Buth’trail en mars 2016…. Et après … beh rien ….Aie-Aie-aie

Une fois le dossard fixé, je profite de ces instants d’avant course où chacun y va de ses conseils sur le parcours, ses blagues pour cacher souvent une petite dose de stress, les retrouvailles entre coureurs …Dans toute cette émulation, je souris béatement…je vais retrouver le chemin des sentiers en mode course 

15 minutes avant le départ, je me fais confiance, et je me positionne dans la première moitié de peloton. Le départ est donné au son de la trompette, comme dise les jeunes « je kiff’ ». Moi j’adore ça, les petites choses simples, qui remplissent ton esprit de positivité

La course est à taille humaine (environ 600 personnes pour le 11 et le 22 kms), donc pas de coups de coudes ou de bousculade. Le peloton s’étire tranquillement sur la partie bitumée d’environ 500 mètres. Première intersection et première cote….Oh mon dieu, c’est déjà boueux. Le single que nous empruntons alterne entre boue, feuilles très humides …autant dire que ça glisse sévère. Les chevaux ne sont pas encore lâchés, donc à priori pas de risque de tomber, nous sommes à la queue leu-leu.

Je n’ai pas vu passer les 5 premiers kilomètres, tellement je prends du plaisir. Le peloton s’est suffisamment étiré pour avoir suffisamment d’espace pour courir dans de bonnes conditions. Le chemin est vallonné …encore 17 kms.

6 ème, 7 ème kilomètres, baisse de régime. Ah oui, c’est vrai, il faut s’alimenter en COURSE … le boulet, je rigole toute seule … c’est pas comme si j’avais mis 1 heure à préparer mon sac (comme si je partais faire un 60kms) . En espérant que mes abricots seuls me reboostent … c’est pas magique non plus, au pire, j’ai prévu un gel  … le petit coup de mou ne dure pas longtemps, je sais que j’ai la caisse, et je me fais confiance… L’enchaînement des petites montées/descentes, me rappellent comme il est bon d’être dans la foret et quelle chance de pouvoir y gambader…

J’avais regardé le tracé altimétrique, et je n’avais pas repéré ces 6 kms roulants, que je vais devoir affronter… Au moins 6 kilomètres de roulant où je carbure à 9km/h, ce qui me parait raisonnable…Je me fais doubler par quelques coureurs. Le plat, ce n’est pas ce que je préfère, surtout quand tu dois faire très attention où tu poses ton pied pour ne pas te tordre la cheville, et c’est long, ennuyeux …. Je finis par me retrouver seule …Curieusement grand sentiment de liberté…mais vigilance accrue sur les marques, va pas falloir se perdre … C’est un trail écolo- très peu de rubalises, je suis fan.

Je me préserve, je cours tranquille car je sais que la partie plus technique se profile au 14ème kms…..Mes speedcross qui assurent dans les terrains boueux (en tout cas, ce modèle avait assuré à Salazie dans le temps lointan) n’en pleuvent plus, j’ai gagné 5 cm de taille, avec toute cette boue qui s’amasse sur mes chaussures…1ère bonne montée, position singe à la Killian Jornet. Un panneau précise « t’inquiètes, après c’est roulant » … le prochain indique « ou pas » … Sympa ces petites attentions … un autre dira plus loin « lèves les yeux, il y a la tour Eiffel », et oui un bel édifice semblable  .

Je continue mon bonhomme de chemin en alternant cotes boueuses et glissantes (on a même des cordes) et descentes … boueuses et glissantes …C’est un peu plus compliqué dans les descentes car cela génère des bouchions….Les seinais marnais aiment le plat, mais pas les descentes à priori….Moi c’est plutôt le contraire. Je me faufile comme je peux, je reste vigilante mais j’adore ….

En même temps, je n’en vois pas le bout. Difficile de reprendre un bon rythme de course sur le plat … En même temps, c’est ça le trail, s’agripper aux arbres, tomber, avoir les mains plein de boue ….je ne manquerai pas de tomber à 2 reprises (sur les marches de l’église – quelle idée de courir avec des chaussures pleines de boue sur des marches en béton humide). Je jubile, quelle chance d’être là, sur les sentiers, même s’il bruine, que le terrain est lourd et que je commence à fatiguer.

Ma montre n’arrête pas de s’arrêter, soit elle perd le GPS, soit je ne vais pas assez vite … Du coup je ne me repère pas à ce qu’elle m’indique, et je n’ai pas beaucoup d’indications quant à la distance qui me sépare de la ligne d’arrivée. Pas de discussion dans le sentier, je pense que nous sommes tous fatigués et que la lucidité qui nous reste est consacrée à assurer le fonctionnement du cerveau !

Un coureur m’annonce que nous allons arriver sur la dernière descente, comme je le double dans les descentes (et il me rattrape sur le plat), il me propose de passer devant lui. Voici donc la fameuse descente, celle dont on nous a parlé tout ce matin avant le départ : « attention la descente est difficile, technique voir très dangereuse aujourd’hui à cause de la pluie…. » … Oui c’est sur, mais c’est la délivrance, donc on peut envoyer 

… me voici de nouveau sur le bitume pour avaler les 200 m qui me permettront de rallier l’arrivée.

2h47 …150 ème / 273 18 F/68 8V1F

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